Communauté grecque des Alpes-Maritimes

Une immigration dans la longue durée : la diaspora grecque en France

Espace Populations Sociétés Année 1996 2-3 pp. 485-495
Fait partie d’un numéro thématique : Immigrés et enfants d’immigrés
PLAN
  • I. Une présence continue mais sporadique: les grecs en France du XVe au XIXe siècle
  • II. Les deux premières vagues migratoires du XXe siècle et l’apparition de nouvelles communautés
  • III. La troisième vague migratoire limitée de l’après-guerre (1945-1975)
  • Conclusion : aux marges de la diaspora hellénique européenne, des communautés qui apparaissent tardivement, l’affirmation d’une double identité
  • Références bibliographiques

II est bien connu que la présence grecque sur le territoire actuel de la France remonte à l’antiquité, à la colonisation des côtes de la Méditerranée occidentale. En 600 av. J. C. les Phocéens avaient fondé Marseille qui avait elle-même essaimé le long de la côte provençale (Antibes, Agde) et était devenue le plus important centre commercial et culturel grec de l’Occident rayonnant sur toute la Gaule méridionale et l’Ibérie à l’époque hellénistique et romaine. Elle fonda même à la fin du Ille siècle av. J. C. une colonie à l’intérieur, Glanon (Saint-Rémy- de-Provence), et hellénisa en partie les Celto-Ligures de Provence (Lévêque P., 1964, 492-494). Cependant cet hellénisme fut peu à peu romanisé et il fallut attendre le développement du commerce maritime avec le Levant au XVIIIe siècle pour que réapparaisse une implantation grecque conséquente et durable à Marseille. Il y a donc eu solution de continuité et on peut considérer que la diaspora grecque de France est un phénomène de l’histoire moderne postérieur à la prise de Constantinople par les Turcs (1453).

Églises de France

A la veille de la Seconde Guerre mondiale, à une époque où les grandes migrations de l’après-guerre en Europe occidentale ne s’étaient pas produites, la France, principal pays d’immigration en Europe, était aussi celui qui avait accueilli le plus de Grecs. Aujourd’hui l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont des communautés grecque et chypriote beaucoup plus importantes et plus récentes (après la Seconde Guerre mondiale) : de l’ordre de 100 000 à 300 000 personnes. En France les Grecs et leurs descendants sont estimés à quelques dizaines de milliers (20 à 30 000 selon les estimations). Malgré l’ancienneté relative de cette immigration et sa forte intégration à la société française, elle n’a pas évolué vers une assimilation totale, mais a, au contraire, développé des structures diasporiques très visibles, dans le domaine religieux en particulier. Comparable, à bien des égards, à la diaspora arménienne, la diaspora grecque française représente un cas intéressant de persistance et d’affirmation identitaire dans le cadre de cet espace culturel transnational que les Grecs appellent Hellénisme.

I. Une présence continue mais sporadique: les grecs en France du XVe au XIXe siècle

Jusqu’au milieu du XIXe siècle la présence grecque en France a été continue auprès du pouvoir royal, à Paris principalement, et sur la côte méditerranéenne, en Corse et à Marseille. Il s’agit d’une élite de militaires, d’artisans, de commerçants, d’intellectuels et d’artistes. Leur nombre de quelques centaines voire de quelques milliers, selon les époques, n’a jamais été très important et ne leur a pas permis de constituer de véritables colonies et communautés comme en Italie ou dans les Balkans à la même époque. Quelques grandes familles byzantines telles que les Comnènes, les Anges, les Paléologues ou les Cantacuzènes, les Lascaris avaient avant et après la prise de Constantinople (1453) envoyé plusieurs de leurs membres en France. Ces réfugiés, plus ou moins illustres, furent pensionnés par Charles VII puis par Louis XI. Certains d’entre eux s’allièrent à des familles françaises nobles. Les uns entrèrent dans la milice française, avant de constituer un corps de cavalerie légère d’environ 2 000 hommes (les estradiots ou stradiots) sous le règne de Louis XII, d’autres s’établirent comme fauconniers et marchands d’oiseaux, fournisseurs du roi (les Deuterono, d’Estero…), d’autres formaient un groupe d’érudits et de savants que les rois Charles VIII, Louis XII et François 1er ont cherché à s’attacher (Mathorez J., 1916, 47-53). La cour attira également des brodeurs et des teinturiers, des ouvriers et artisans grecs dont le savoir- faire était très recherché au moins jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Certains de ces Grecs ont poursuivi leurs périgrinations en Europe, d’autres se sont mariés à des Françaises et leurs descendants se sont assimilés. Cette présence d’érudits, de grands hellénistes grecs s’est poursuivie à Paris où vécut Coray (Adiamantos Koraïs) de 1788 à 1833, date de sa mort. Ce penseur inspiré par la philosophie des lumières a marqué profondément l’identité grecque moderne et le néo-hellénisme. Son activité éditoriale à Paris, soutenue par des négociants grecs tels que les frères Zossimas, l’amena à publier un grand nombre de textes anciens accompagnés de ses propres commentaires dans sa « Bibliothèque Hellénique ». Reconnu comme l’un des plus grands philologues de son temps, il contribua par l’intermédiaire de ses disciples au renouveau de l’enseignement en Grèce et dans la diaspora (Dimaras C, 1965, 215-225). Un siècle plus tard, un autre intellectuel grec, érudit de premier plan, marqua aussi profondément l’identité grecque depuis Paris où il ne cessa de résider et d’enseigner, Jean Psichari (1854- 1929). Il prit la tête d’un mouvement en faveur de l’adoption de la langue populaire (dimotiki) contre la langue « pure » (katharevousa) comme langue littéraire. Ses idées finirent par triompher en Grèce. Son oeuvre abondante, à la fois savante (linguistique) et littéraire, fut écrite autant en français qu’en grec, à l’image du personnage, qui se réclamait aussi bien de l’identité française que grecque. Ces deux grands intellectuels et écrivains originaires de Chio, qui ont joué un rôle décisif dans la formation de la langue et de la culture grecque moderne, ont exercé une très grande influence sur l’hellénisme et la Grèce depuis Paris où ils n’ont pas cessé de résider jusqu’à la fin de leur vie.

Il n’y a pas de traces de la constitution d’une véritable communauté hellénique à Paris avant la fin du XIXe siècle. C’est sur la côte méditerranéenne, à Marseille, et en Corse que se sont constituées les premières communautés autour de leurs églises. La politique de Colbert de développement des échanges avec le Levant fit de Marseille un port franc (1669) pour attirer les navires étrangers qui avaient tendance à préférer Livourne. Des Grecs de Smyrne et de Chio travaillant pour le compte de sociétés maritimes dont le siège était là bas vinrent s’installer durablement à Marseille, surtout à partir de la Restauration (1815) lorsque le commerce reprit. Auparavant, trois cents hommes environ, Grecs pour la plupart, ayant quitté l’Egypte avec l’armée de Bonaparte furent reçus à Marseille, formant jusqu’à la fin de l’Empire le bataillon des chasseurs d’Orient. Les familles de ces réfugiés d’Egypte, catholiques le plus souvent, furent assistées par la ville. Elles formèrent la première communauté à laquelle vinrent s’agréger en 1817 des Melchites grecs, si bien qu’en 1822 fut construite la première église grecque uniate, Saint-Nicolas de Myre, par l’évêque de Myre Maximus Maglum qui exerça ses fonctions jusqu’à sa mort (1855) (Mathorez J., 1916, 66). Dans le courant de l’année 1816, au cours de laquelle une dizaine de maisons de commerce grecques sont venues s’installer pour profiter de la reprise du commerce avec Smyrne, une véritable communauté grecque commença à exister à Marseille. Le coton était le principal objet de négoce. La quasi- totalité de ces Grecs étaient originaires de Chio (Echinard P., 1973, 86-87). La communauté grecque de Marseille se développa parallèlement à celle d’Alexandrie avec laquelle les relations commerciales s’accrurent tout au long du XIXe siècle. Les négociants orthodoxes s’organisèrent faisant venir de Paris en 1821 l’archimandrite Arsénios, ancien aumônier du bataillon des chasseurs d’Orient. Une chapelle orthodoxe fut ouverte dans un local dépendant du consulat de la Porte (rue Saint-Savournin) mais, malgré le soutien des autorités locales, ne fut pas reconnue officiellement par Paris. Le culte fut donc célébré devant une quarantaine de fidèles de façon privée avec la tolérance des autorités de la ville. Il y avait alors une centaine de Grecs à Marseille sans compter les marins et commerçants de passage; une trentaine d’entre eux étaient catholiques. Il s’agissait en fait de deux générations: celle du Consulat et de l’Empire, formée d’anciens militaires âgés catholiques avec leurs familles souvent alliées à des familles françaises, celle de la Restauration, composée de jeunes négociants orthodoxes avec capitaux et relations commerciales étendues, élément dynamique de la colonie grecque de Marseille ne contractant que des alliances familiales purement helléniques (Echinard, 1973,97-113). Les Grecs de France, avant même la fondation en 1814 de la Philiki Hetairia à Odessa, avaient créé l’Hôtel Hellénophone (hellinoglosson xenodocheion) en 1809 qui fut un précurseur des associations ayant oeuvré pour la guerre d’indépendance, influencé par la Franc-Maçonnerie. Le négociant marseillais grec, Pierre Homéridi Schilizzi ainsi que d’autres en faisaient partie. Marseille fut l’un des principaux ports d’embarquement des philhellènes, des armes et du matériel pour l’Insurrection grecque qui aboutit à l’indépendance. A la fin de cette guerre de libération en 1828 la colonie grecque de Marseille avait quadruplé, comprenant environ quatre cents personnes. Cet effectif se stabilisa par la suite, puisqu’au recensement de 1861 on dénombrait 303 Grecs dans la cité (Echinard P., 1973, 266- 267). Les négociants avaient fait venir leur famille à l’occasion des troubles consécutifs à cette guerre dans le Levant, ce qui fut favorable à une fixation durable, le siège de leurs affaires étant désormais à Marseille non plus à Smyrne.

Alors que les Grecs catholiques devinrent de plus en plus minoritaires dans l’église de Saint-Nicolas-de-Myre fréquentée désormais par une majorité de fidèles de langue arabe, les Grecs orthodoxes, même de mieux en mieux intégrés dans la société marseillaise, restèrent attachés à leur culte qui continuait à être exclusivement grec. Un conseil regroupant les principaux négociants subvenait aux besoins du culte et désignait deux administrateurs civils pour l’église. Ceux-ci furent presque toujours des Chiotes, majoritaires au conseil. En 1826 un prêtre chiote venant de Livourne, Kalinikos Kréatzoulis, succéda à l’archimandrite Arsénios. Il fut chargé également d’enseigner le grec aux enfants de la communauté moyennant une rétribution à la charge des parents. Dès les débuts de la Monarchie de Juillet, les principaux membres de la colonie grecque se cotisèrent pour acheter un terrain et construire ensuite une nouvelle église rue de la Grande Armée qui fut ouverte en 1845 (Echinard P., 1973, 279-284). Le culte orthodoxe est resté le lien principal au sein de la communauté grecque de Marseille, ce particularisme religieux favorisant les alliances matrimoniales purement orthodoxes et grecques qui assuraient le maintien de l’identité. Le commerce reposant largement sur des liens familiaux maintenait des rapports étroits avec les communautés helléniques d’Europe et du Levant, en particulier avec Alexandrie et la mer Noire (Odessa, Taganrog). La conservation de leur particularisme religieux et de leur conscience identitaire n’empêcha pas les négociants grecs de s’intégrer de plus en plus en prenant la nationalité française et en acquérant des biens immobiliers. Les Zizinia, les Rodocanachi, les Reggio, les Badetti étaient de mieux en mieux acceptés dans les milieux du négoce marseillais. Ainsi les grands négociants grecs de Marseille purent participer pleinement, sous le Second Empire et au début de la Troisième République, à l’âge d’or du grand port méditerranéen. Il n’y avait pas de quartier grec à proprement parler mais les marins et petits marchands fréquentaient les abords de la place Royale, notamment le café d’Athènes rue de Suf- fren, habitaient dans les quartiers nord du Vieux-Port. Les négociants et commis étaient dans les quartiers bourgeois du Cours et des Allées (Echinard P., 1974, 284-287). En 1833 un consul général de Grèce fut nommé à Marseille, ce qui contribua à renforcer la colonie grecque de la ville. L’autre colonie-communauté, aux XVIIIe et XIXe siècles, fut celle de Cargèse en Corse. Elle était issue de la migration organisée d’un groupe d’habitants de Vitylo dans le Magne (Maïna) encadré par des descendants de la famille impériale des Comnène, les Stéphanopoli. Ce transfert de douze cents personnes (1675-76) avait été négocié avec Gênes qui possédait alors la Corse. Ils furent autorisés à s’installer à Paomia près de Sagone qu’ils avaient transformée dès 1680 en une petite ville entourée de terres cultivées avec beaucoup de soin et de vergers d’arbres fruitiers (Comnène M. C, 1959, 25- 26). Cette réussite des Grecs et leurs très bonnes relations avec Gênes qui leur avait accordé des privilèges entraînèrent l’hostilité des Corses qui, s’ étant révoltés contre Gênes en 1728, assiégèrent et détruisirent Paomia en 1731. Réfugiés à Ajaccio, ils ne purent bâtir une nouvelle petite ville à Cargèse qu’en 1774 avec l’appui des français nouveaux maîtres de l’île. L’hostilité du milieu corse ne cessa pas pour autant, puisque cette ville fut saccagée en 1789, reconstruite en 1809 et de nouveau attaquée en 1814. Pendant les cinquante ans passés à Ajaccio la colonie grecque s’intégra d’avantage à la population corse. Les Grecs de Paomia et leur évêque, Monseigneur Parthenio, avaient dû se soumettre au catholicisme à partir de 1679 lorsqu’un Père apostolique, Oderisio Pierio, leur fut envoyé de Rome pour les romaniser (Comnène M. A., 1959, 37-41). La liturgie apportée du Magne par Mgr Parthenio a été conservée par ses successeurs si bien que l’église grecque actuelle de Cargèse construite en 1860 est uniate. Elle contient des icônes de Saint-Basile de Césarée et de Jean Baptiste apportées par les premiers immigrants au XVIIe siècle. Une école grecque à côté de l’église, pourvue à partir de 1881 d’un professeur nommé par le ministère de l’Education Nationale, a dispensé jusqu’en 1920 un enseignement bi-hebdomadaire pour les enfants des écoles communales (Comnène M. A., 1959, 79-80). La troisième communauté grecque en France, dans l’ordre chronologique, est celle de Paris. Son église dédiée à Saint-Etienne, fut édifiée en 1895 à proximité des Champs-Elysées grâce à un riche banquier grec Dimitrios Skilitzis. En 1901, avant la première vague migratoire, Paris était la seconde ville d’accueil des Grecs en France (40,1 %) après Marseille (47,1%) (Kanonidis D., 1992, 99). Outre la bourgeoisie d’affaires et les intellectuels, cette communauté parisienne était composée d’artisans (fourreurs, tailleurs) qui apportaient leur savoir-faire acquis en Grèce. Avec la Première Guerre mondiale le nombre des immigrés grecs en France va se mesurer en milliers et non plus en centaines, d’autres communautés vont naître ailleurs, en fonction des besoins en main-d’oeuvre industrielle pour les armements. On change désormais d’échelle.

II. Les deux premières vagues migratoires du XXe siècle et l’apparition de nouvelles communautés

Grecs en France en 1926

La première migration de masse des Grecs vers la France s’est produite pendant la Première Guerre mondiale à l’initiative de l’Etat français qui avait besoin de main- d’oeuvre pour ses industies d’armement. Il s’agit de Grecs d’Asie Mineure réfugiés dans le Dodecanese alors sous administration italienne, et de Grecs du Dodecanese : 15 000 environ sont arrivés de juillet 1916 à août 1917. Beaucoup ont été transportés par des bateaux ravitailleurs de l’armée d’Orient qui rentraient à vide. Accueillis à Marseille dans un dépôt, on leur remettait un contrat de travail et une carte d’identité. En 1914-18 sur les 82 000 travailleurs étrangers qui relevaient du ministère de l’Armement 24 300 étaient Grecs (Kanonidis D., 1992, 28-29). C’est à partir de cette première vague migratoire que s’est constituée la carte actuelle des colonies grecques en France. Dans les Bouches-du-Rhône, qui restent avec la région parisienne le point fort de l’immigration, les Grecs se répartissent entre les différentes localités industrielles où se situent leurs employeurs qui généralement se chargent de les loger : Port-de-Bouc (usine Kulhman), Port-Saint-Louis-du-Rhône, Sa- lin-de-Giraud et Marseille. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale la grande majorité des Grecs sont arrivés en France par le port de Marseille.

L’axe rhodanien entre Marseille et Lyon a joué un rôle essentiel : en 1917, 800 Grecs allaient à Saint-Etienne (mines et manufacture d’armes), 1 200 à Pont-de-Chéruy (usines Grammont), à Grenoble (biscuiterie Brun travaillant pour l’armée), à Roanne (usine d’armement), à Brignoud (matériel ferroviaire). La communauté de Lyon s’est développée surtout entre les deux guerres à partir d’un apport des ouvriers de Saint- Etienne qui ont quitté les industries d’armement et les mines, une autre partie d’entre eux allant dans la région parisienne (Kanonidis D., 1992, 105-110). En dehors de l’axe rhodanien, les autres centres d’accueil ont été : Nantes avec 1 300 personnes dans les usines de munitions, Bordeaux avec un millier de personnes, Tours (les chemins de fer Paris-Orléans), Lille, Nice et Toulon. Il y a donc eu une relative dispersion en dehors des deux principales concentrations de Paris, Marseille et de l’axe rhodanien qui n’ont cessé de se renforcer par la suite, alors que les autres centres n’ont plus reçu d’apports importants après cette première vague migratoire. Une deuxième vague migratoire s’est produite entre 1922 et 1926 principalement. Cette migration n’a pas été organisée par l’Etat français mais a été, dans le prolongement de la première (réseaux familiaux), un contre-coup de la Catastrophe d’Asie Mineure. Les réfugiés, ne trouvant pas en Grèce des emplois en nombre suffisant, ont réémigré vers l’Europe occidentale ou le Nouveau Monde. Cette immigration spontanée, tolérée par la France, qui manquait de main-d’oeuvre, s’est arrêtée avec la crise des années 30. Cependant on constate qu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la France avait la communauté hellénique la plus nombreuse d’Europe occidentale : 19 123 Grecs en 1931. Ce nombre a ensuite légèrement diminué à cause de la crise (Kanonidis D., 1992, 30-41). La communauté de Pont-de-Chéruy offre un bon exemple de cette première immigration ouvrière. Un premier contingent de 1 600 Grecs y est arrivé en août 1916. Ils ont été logés dans un ensemble d’habitations ouvrières, le quartier du Réveil, dans 80 logements similaires de 25 m2. La capacité d’accueil de ces logements était dépassée d’au moins quatre à cinq fois (Zervudacki C, 1988, 10-45). Dès 1917 Alexandre Grammont, qui passait pour être philhellène, leur attribua un hangar, initialement prévu pour être une cuisine collective, comme lieu de culte. Cette église qui n’a pas changé aujourd’hui fut la première de la région Rhône-Alpes, avant même celle de Lyon. Une deuxième vague d’immigrants, originaires d’Asie Mineure mais venant de Grèce et du Dodecanese, arriva entre 1923 et 1928. Ces deux premières vagues migratoires se sont fondues plus tard dans le groupe des « Anciens » par opposition aux « Nouveaux » issus de la migration d’après-guerre (1951- 1975). L’identité de la communauté fondée par les « Anciens » s’enracine dans deux mythes fondateurs : le philhellénisme de Grammont qui aurait choisi des travailleurs grecs de façon délibérée, la Grande Catastrophe qui aurait chassé les migrants pour des raisons purement politiques, alors qu’ils sont venus en fait plus tard de Grèce pour des raisons essentiellement économiques (Zervudacki C, 1993, 124-128). Le Conseil de la communauté avec un président élu tous les cinq ans n’a aucune autonomie par rapport à l’Eglise, ni par rapport au consulat grec de Lyon. C’est une association cultuelle ayant à sa tête le métropolite de Paris. Toute élection au conseil est strictement contrôlée par les autorités civiles et religieuses grecques, alors que la plupart de ses membres ont la nationalité française. Diverses associations culturelles laïques n’ont eu qu’une existence éphémère, de même que la dissidence uniate de 1929 à 1939 qui opposa un groupe d’ « anti-cléricaux », minoritaire, uniate (catholique de rite grec), transposant un modèle urbain et moral français, à un groupe de « cléricaux » suivant un modèle conservateur majoritaire, confondant pouvoirs de l’Eglise Orthodoxe, de l’Etat-na- tion et identité (Zervudacki C, 1993, 132-138).

Une communauté grecque se constitue véritablement lorsqu’elle ouvre un lieu de culte, une église orthodoxe. On peut suivre la progression des communautés grecques en France à partir de l’ordre chronologique d’ouverture de leurs églises. Marseille (1821), Paris (1895), Pont-de-Chéruy (1917) sont les trois premières. Suivent immédiatement l’église Saint-Eleuthère à Lyon (1917), la chapelle des Carmes devenue l’église de la Présentation de la Vierge au Temple à Bordeaux (1918), Saint-Georges à Grenoble ouverte dans un appartement de la rue Se- vran en 1918 avant d’être construite seulement à partir de 1950, l’église de la Trinité à Saint-Etienne (1922) dans un local de la Société des Mines, l’église Sainte-Catherine à Port-de-Bouc (1930), une deuxième église à Paris (1936) Saints Constantin et Hélène non loin de Belleville. La plupart de ces églises, en dehors des plus importantes (Marseille et Paris), sont installées dans des locaux mis à disposition, soit par les industriels employeurs (Pont-de-Chéruy, Saint- Etienne par exemple, soit par la municipalité (Bordeaux) ou bien sont installées dans un local provisoire (appartement). Les communautés n’auront les moyens pour acheter un terrain et construire leur propre église qu’après la Seconde Guerre mondiale (Kanonidis D., 1992, 136-138). Elles font venir des prêtres de Grèce mais il n’y a pas encore en France d’évêque ou métropolite orthodoxe (seulement à partir de 1953). Ces églises, qui dépendaient de l’Eglise autocéphale grecque depuis le milieu du XIXe siècle, ont été rattachées à l’archevêché de Thyateira à Londres lors de sa création en 1922. Celui-ci avait juridiction sur toutes les églises orthodoxes grecques d’Europe occidentale et centrale à cette époque, et était rattaché au Patriarcat oecuménique de Constantinople.

Grecs à Paris – 1912

L’autre indice de la progression des communautés est la vie associative, elle-même très liée à l’Eglise. Là aussi, en dehors de Marseille et Paris dont la Société de bienfaisance date de 1889, les associations ont été fondées après la vague migratoire de la Première Guerre mondiale. L’association culturelle hellénique orthodoxe Saint- Alexandre de Pont-de-Chéruy date de 1919, l’Union des Hellènes de Paris de 1922 de même que l’Union philanthropique des Hellènes de Lyon, la Communauté hellénique du Nord à Lille de 1927. En 1933, en même temps que l’église est fondée la Communauté hellénique orthodoxe de Port-de-Bouc. La croissance de la communauté parisienne entraîne la création d’associations nouvelles : le Foyer hellénique de Belleville (1931), l’Union des Grecs de Sartrouville (1937) (Kanonidis D., 1992, 146-158). L’Union amicale des Hellènes de Grenoble qui devint ensuite l’Union générale des Othodoxes de Grenoble fut créée en 1921, de même une « Association d’entraide sociale » (1927) au sein de laquelle se constitua une équipe de football permettant d’augmenter le nombre des membres de l’association et de mieux faire connaître la communauté (Duclos J. C, 1993, 75-76). Les écoles du jeudi ou du samedi apparaissent dans les années 1920 et fonctionnent, en marge de l’école française, dans les locaux des églises ou de particuliers, avec le prêtre ou un instituteur rémunéré par l’association. L’école est créée généralement peu de temps après l’église. En 1930, par exemple, il existe à Paris une école de l’église Saint-Etienne avec deux instituteurs, une deuxième école avec la deuxième église (1937) et une école à Sartrouville (Kanonidis D., 1992, 160-165). L’enseignement dispensé dans ces écoles par l’Eglise orthodoxe a un contenu autant national (histoire de la nation grecque) que religieux (catéchèse).

La vie associative concerne également la vie professionnelle des Grecs de la région parisienne essentiellement. Orestias, l’association des fourreurs originaires de Kastoria, fut fondée en 1919, l’association des tailleurs hellènes en 1930, la Fraternelle et le club artistique des coiffeurs hellènes de Paris en 1931, de même l’association des fabricants de chaussures de Paris à Belle- ville principalement. Elles ont pour but de favoriser l’intégration des immigrants à une profession et leur ascension sociale par la suite.

En effet, dans l’ entre-deux-guerres les ouvriers des usines d’armement qui sont restés en France se sont pour la plupart rapidement reconvertis dans les activités artisanales et commerciales qui ont été par la suite prédominantes parmi les Grecs de France. En 1936, vingt ans seulement après la première vague migratoire, o’n compte déjà 44,6 % de travailleurs indépendants, chefs d’entreprises et isolés en égale proportion, alors que pour l’ensemble des travailleurs immigrés en France la proportion n’était que de 24,2 %. Parmi eux 40 % étaient dans les activités artisanales de l’industrie de transformation (métiers de la chaussure, de la fourrure, des cuirs et peaux, de la confection), 42,8 % dans le commerce, 6,5 % dans la coiffure, 4,7 % dans les professions libérales. On trouve une structure analogue seulement chez les Roumains, la plupart juifs, ou chez les sujets ottomans comme les Arméniens, Assyro-Chaldéens et Juifs Séfarades (Kanonidis D., 1992, 78-94). De la Première à la Seconde Guerre mondiale, Paris et sa région ont attiré la majorité des migrants grecs qu’ils viennent de Grèce, de l’empire Ottoman ou d’ailleurs : près de la moitié d’entre eux y ont été accueillis tout au long du XXe siècle jusqu’en 1945 et au-delà. De 1911 à 1931 69,4 % des Grecs qui se sont installés dans la région parisienne l’ont fait dans Paris intra-muros. La concentration dans la capitale elle-même est restée très forte tout au long de la période, de 92 % en 1911 à 75 % en 1936. « Ainsi dans l’ entre-deux-guerres, plus d’un tiers des Grecs présents en France sont installés à Paris. La capitale constitue un centre d’acceuil majeur de l’immigration grecque » (Kanonidis D., 1992, 114). Avec 34,2 % de leur population à Paris en 1926 les Grecs ont une part très importante de leur population dans la capitale en comparaison des communautés étrangères numériquement dominantes (Italiens, Belges, Polonais, Espagnols) qui ont toutes des taux de concentration inférieurs à 9 %. Ainsi, alors qu’à l’échelle nationale, les Grecs ne représentent que 0,7 % des étrangers, dans la capitale ce pourcentage s’élève à 2,2 % (Kanonidis D., 1992, 116). Paris a souvent été le terme d’un parcours à travers des centres industriels de l’axe rhodanien (Port-Saint-Louis-du-Rhône, Saint Etienne, Pont-de-Chéruy, Grenoble, Lyon…) qui, après des emplois industriels plus ou moins précaires, a permis la fixation comme travailleur indépendant ou chef d’entreprise. C’était le meilleur gage d’une ascension sociale. A Paris la population active grecque avait en 1926 la même composition sociale que la population active française non agricole avec 17 % de patrons. Les Grecs se localisaient autour des Grands Boulevards dans les IXe, Xe et Ile arrondissements où ils exerçaient des activités artisanales et commerciales (cuirs et peaux, vêtements, commerces). De 1921 à 1926 le quartier de Belleville a compté 500 Grecs en 1926, 400 en 1931, 350 en 1936 d’après un décompte effectué par D. Kanonidis sur des listes nominatives du quartier (Kanonidis D., 1992, 121-122). Originaires pour la plupart d’Asie Mineure, ils étaient les grands spécialistes de la chaussure de femme comme le père de l’écrivain Georges Lépidis. Les Grecs étaient présents également dans le centre, Ve et Vie arrondissements principalement, où ils tenaient des commerces d’alimentation, des restaurants, des salons de coiffure. Enfin dans les beaux quartiers des XVIe, XVIIe et Ville arrondissements, autour de l’Etoile, ils étaient surtout tailleurs, bottiers de luxe, coiffeurs (Kanonidis D., 1992, 120-122). En comparaison avec les autres étrangers les Grecs étaient relativement peu présents en banlieue, à l’exception de la proche banlieue ouest (Neuilly-sur-Seine, Puteaux, Boulogne) où dans le prolongement du XVIe résidaient les riches négociants, et de Sartrouville (Yvelines) et Yerres (Essone) qui avaient attiré des colonies d’artisans du cuir, du vêtement et de la fourrure.

II. La troisième vague migratoire limitée de l’après-guerre (1945-1975)

Alors que de Grèce partent plus d’un million de citoyens (1,3 M. environ) vers l’étranger pendant la période 1955-1977, et en particulier vers l’Allemagne et la Belgique qui ont organisé par des accords cette immigration massive, la France ne reçoit que quelques milliers de ceux-ci (9 829 d’après le Service National de la Statistique grec). Il s’agit d’une immigration spontanée utilisant les réseaux familiaux et associatifs existants. Plus de la moitié de ces migrants sont arrivés entre 1961 et 1967, période de pointe des départs de la Grèce vers l’étranger. Cette immigration principalement économique et politique (guerre civile de 1946- 49 et dictature des colonels de 1967-1974) est restée très limitée en nombre, mais a concerné toute une élite intellectuelle, artistique et politique de gauche et même de droite. Une partie de celle-ci est revenue en Grèce à la fin du régime des colonels. Après cette date l’immigration s’est arrêtée. Le caractère spontané et quantitativement limité de cette immigration récente n’a pas entraîné de bouleversements dans la répartition des Grecs en France, les réseaux constitués dans l’ entre-deux-guerres ayant beaucoup influencé la fixation des nouveaux migrants. La carte de la première vague migratoire, celle de la Première Guerre mondiale, la plus massive, est toujours valable avec toutefois un fort développement du pôle parisien. En dehors de celui-ci et de Marseille beaucoup plus anciens, la localisation des Grecs à Nice, Toulon, Port-de- Bouc, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Salin-de- Giraud, Saint-Etienne, Grenoble, Pont-de- Chéruy, Lyon, Bordeaux et Lille, date de cette époque et reste toujours actuelle. Près de la moitié des Grecs de l’agglomération parisienne sont dans les banlieues proches des Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne. Sartrouville a toujours une communauté grecque de seconde et troisième génération jumelée avec Kallithea, faubourg d’Athènes où résident d’anciens réfugiés d’Asie Mineure comme à Sartrouville.

Cette implantation majoritairement urbaine au sein de communautés déjà constituées a facilité l’intégration et la mobilité sociale des nouveaux arrivés grâce aux associations professionnelles créées par leurs prédécesseurs. L’artisanat et le commerce sont le plus sûr moyen de cette ascension sociale. Jusqu’à la fin des années 1970, les petits commerces tenus par des Grecs sont nombreux dans la capitale, en particulier les restaurants et magasins d’alimentation. C’est alors que fut créée la première asociation des restaurateurs grecs. La réussite la plus spectaculaire fut celle d’André Mentzelopoulos qui arrivé à Paris en 1945 prit le contrôle de Félix Potin en 1958 pour en faire le premier groupe parisien de magasins de proximité en 1978 (Kanonidis, 1992, 92-94).

La communauté grecque de France ne se limite pas aux 6 635 nationaux grecs et 9 356 naturalisés recensés en 1990, mais comprend de nombreux membres des seconde, troisième et quatrième générations francisés, mais qui revendiquent une identité grecque même s’ils sont issus de mariages mixtes. Les bi-nationaux sont nombreux parmi les membres de la première génération naturalisés. L’évaluation du nombre de ces français d’origine grecque continuant à s’affirmer Grecs est impossible. Il faut se contenter d’évaluations approximatives dont celle de 30 000 donnée par l’ambassade grecque n’est pas trop éloignée de la réalité. La plus grande partie d’entre eux appartiennent aux classes moyennes du petit commerce et de l’artisanat dans la première génération, des professions libérales et intellectuelles ou artistiques à partir de la deuxième. Leur localisation dans de grandes agglomérations a facilité cette ascension sociale. Seuls ceux qui sont restés dans les communes ouvrières de la première vague migratoire (Port-de-Bouc, Salin-de-Giraud, Port-Saint-Louis-du-Rhône et Saint-Etienne) ont gardé leur identité ouvrière (Kanonidis D., 1992, 127-128).

Conclusion : aux marges de la diaspora hellénique européenne, des communautés qui apparaissent tardivement, l’affirmation d’une double identité

La communauté grecque de France a toujours été statistiquement faible en comparaison des autres communautés étrangères présentes sur le sol français (Italiens, Polonais, Espagnols, Portugais, Maghrébins….) et aussi en comparaison de ce qu’elle-même a été en Italie ou dans les empires austro- hongrois ou russe.

Les recensements de population, disponibles pour le XXe siècle, nous donnent un total de 2 225 Grecs (de nationalité grecque) en 1901, guère plus en 1911 (2902) mais 12 771 en 1921 et un maximum de 19 123 en 1931. Ensuite ce chiffre ne cesse de baisser, s’élevant encore à 13 804 en 1946 (Kanonidis D., 1992, 21). Les Grecs ne sont plus que 6 735 au recensement de 1990. Ce fut le résultat des migrations de main-d’oeuvre pour les industries d’armement pendant la grande guerre, suivies par l’ arrivée de réfugiés originaires d’Asie Mineure (entre 1922 et 1931) dont la plupart venaient rejoindre des parents en France. Ainsi la population grecque de France, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, était surtout composée de Grecs d’Asie Mineure et du Dodecanese. Cette population immigrée, majoritairement ouvrière dans un premier temps, s’est engagée dans un processus d’ascension sociale rapide dans l’entre- deux-guerres. L’artisanat et le commerce lui ont permis d’atteindre un statut de travailleur indépendant ou de chef d’entreprise, souvent en allant s’installer dans la région parisienne à partir des villes ouvrières de l’axe rhodanien où elle avait d’abord trouvé un emploi. Elle a pu alors développer plus facilement des structures diasporiques. Ce phénomène est récent. Car du XVe au début du XXe siècle la France s’est trouvée en marge des réseaux de la diaspora grecque qui s’étaient développés à la même époque principalement dans les empires multiethniques Ottoman, Austro-Hongrois (Balkans), Russe et dans plusieurs Etats de la ninsule italienne (Venise, Naples, Toscane). Marseille, aux XVIIIe et XIXe siècles, a cependant réussi à attirer une communauté de négociants et marins grecs, beaucoup moins importante que celle de Livourne, mais du même type. Paris et les rois de France ont très tôt attiré des intellectuels, des artistes et des artisans grecs, mais en moins grand nombre que Vienne ou Venise. Il a donc fallu attendre la croissance industrielle et la Première Guerre mondiale pour qu’un nombre un peu plus grand de Grecs viennent s’installer en France. Les communautés avec leurs églises orthodoxes et leurs écoles y sont apparues beaucoup plus récemment que dans les pays précédemment cités, pour l’essentiel au XXe siècle, en dehors des cas spécifiques de Marseille et Cargèse (Corse). Il ne faudrait pas à cause de sa faiblesse numérique sous-estimer l’importance du rôle joué par la diaspora hellénique dans les liens politiques et culturels entre la France et la Grèce, ainsi que dans l’évolution intellectuelle et artistique ou même politique de la Grèce et de la France elles- mêmes depuis le XIXe siècle. Les armées de Bonaparte, qui ont occupé à deux reprises les îles Ioniennes entre 1797 et 1815, ont contribué à former des combattants de la guerre d’indépendance de 1821. Les Grecs ont envoyé des volontaires combattre aux côtés des troupes françaises en 1870, en 1914-18 et en 1939-40. D’autre, part, les intellectuels et artistes grecs ont, du XVIe au XXe siècles, joué un rôle de premier plan en France et à Paris en particulier (Catsiapis J., 1983, 36-39). Certains d’entre eux, comme Coray ou Psichari, ont même contribué à modeler l’identité grecque moderne. La double identité peut d’autant mieux se conserver et s’affirmer en cette fin de XXe siècle que les communications entre ces deux pays, membres de la Communauté Européenne, sont beaucoup plus aisées qu’auparavant.

Références bibliographiques

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