La Grèce est un pays montagneux (80 % de son territoire) qui compte six volcans: Santorin, Milos, Nisyros, Kos, Poros et Méthana dont deux Santorin et Nisyros sont d’ailleurs encore actifs.
En raison de sa disposition, à la rencontre des plaques eurasienne et africaine, la Grèce est dominée à une activité tectonique et volcanique, à l’origine de nombreuses sources thermales d’eaux chaudes naturelles jaillissant du sous-sol.
On compte ainsi plus de 700 sources thermales à travers le pays, dont environ 85 reconnues pour leurs usages thérapeutiques et curatives du fait de leur composition en minéraux. ,
Le ministère certifie officiellement 32 établissements thermaux en activité.
Les Grecs ont été parmi les premiers à découvrir les propriétés bénéfiques de l’eau. Les sources thermale s jouent d’ailleurs un rôle majeur dans l’histoire et la mythologie grecques. Dans l’Antiquité, déjà, les Grecs étaient convaincus des vertus curatives des sources thermales, qu’ils utilisaient pour traiter différents troubles. Les écrivains et philosophes grecs de l’Antiquité ont laissé des descriptions idylliques des sources thermales, où les nymphes prodiguaient généreusement les dons divins de la santé, du bien-être, de la force et de la stimulation spirituelle. Dans de nombreux récits, les nymphes et les sources thermales, étroitement associées, faisaient figure de saintes patronnes des vertus curatives des eaux. Aussi les sources thermales étaient-elles souvent considérées comme des lieux sacrés. C’est d’ailleurs pour cela qu’on faisait des offrandes ou des rituels pour honorer les nymphes et s’attirer leurs faveurs.
La mythologie grecque regorge d’histoires en lien avec les sources thermales. L’une des plus célèbres raconte qu’Hercule trouva lors de ses voyages la source des Thermopyles. Il se baigna dans l’eau chaude et fut ainsi guéri de tous ses maux. La déesse Aphrodite se serait elle-même baignée dans une source chaude pour préserver sa beauté. À l’époque romaine, les sources thermales ont été davantage développées et fréquentées en Grèce.
Le mot thermal vient d’ailleurs du mot grec θερμός, thermos qui veut dire « chaud » ! Hérodote aurait été le premier à observer les effets bénéfiques des bains chauds, et Hippocrate, le « père de la médecine » né sur l’île volcanique de Kos, fut le premier à classer les sources et à documenter les maladies qu’elles pouvaient soulager.
De nombreux sanctuaires de guérison (Asclépieions) étaient établis à proximité de sources chaudes, tant la relation entre eaux thermales, religion et santé était forte.
Depuis des milliers d’années, les Grecs et les voyageurs ont fait confiance aux sources thermales grecques pour leur bien être ou pour soulager leurs problèmes chroniques.
À l’époque romaine puis byzantine, on construisit des thermes autour de ces sources pour profiter de leurs bienfaits. Cet engouement historique explique la présence, encore de nos jours, de stations thermales multimillénaires comme Édipsos au nord de l’île d’Eubée ou Loutraki sur l’isthme de Corinthe.
On trouve des sources thermales dans presque toutes les régions de Grèce, sur le continent et sur les îles, et la plupart se trouvent dans des sites naturels pittoresques.
Les régions de Macédoine et de Grèce centrale concentrent un grand nombre de ces sources thermales historiques, de même que certaines îles volcaniques comme Ikaria ou Lesbos. À l’inverse, la Grèce occidentale et le Péloponnèse possèdent moins de sources exploitées (quelques-unes tout de même, souvent connues depuis l’Antiquité), et la Crète compte pour le coup peu de sources thermales.
Parmi toutes ces sources, les 3 plus connues et historiques : ce sont Loutra Pozar, Edipsos et Loutraki. De nombreuses stations sont administrées par les collectivités locales ou des entreprises publiques alors qu’en Grèce, le thermalisme s’est longtemps développé sous l’égide de l’État : dans les années 1950-1970, l’Organisme National du Tourisme (EOT) gérait la plupart des stations thermales.
Sous l’impulsion de l’état, le secteur privé a investi certaines sources pour créer des centres de spa plus ou moins haut de gamme. C’est le cas par exemple du centre thermal moderne à Loutraki, ou des spas privés à Édipsos.
Enfin plusieurs sources restent à l’état naturel, sans infrastructures développées : cascades et bassins en plein air accessibles librement aux baigneurs.
.II est impossible de vous présenter toutes les sources mais voici une liste et quelques indications concernant les plus populaire, les historiques ou certaines qui sont particulièrement intéressantes.
A PROXIMITE D’ATHENES
le lac de Vouliagmeni Au sud d’Athènes, le lac est alimenté par des sources chaudes souterraines. Son eau, mêlée à de l’eau de mer, affiche une température de ~24°C toute l’année. Riche en minéraux et légèrement radioactive, elle est réputée pour ses vertus dermatologiques et relaxantes. Il est aménagé en espace de baignade public (douches, vestiaires et cafétéria sur place) et offre l’originalité de bains en plein air dans entre falaise et mer.
Loutraki A environ 80 kmd’ Athènes par l’autoroute, la station thermale de Loutraki est renommée depuis l’Antiquité pour ses eaux chaudes et figure parmi les stations thermales les plus célèbres. Les sources de Loutraki produisent une eau chlorurée sodique légèrement radioactive à ~30°C. A Loutraki il y a des installations contemporaines (piscines, hammams, salles de massage) adossées à une tradition thermale ancienne,Loutraki est connu pour les sources minérales qui sont censées aider avec les problèmes de peau et d’articulation.
Loutra Elénis Sur la côte est de l’Argolide, le Loutro Elénis, le Bain d’Hélène , une petite source thermale sur la route vers Épidaure. Selon la légende, la belle Hélène de Troie s’y serait baignée pour conserver sa beauté. Aujourd’hui, vous trouverez directement sur la plage quelques piscines cimentées [vue 360°] alimentées par cette eau sulfureuse ~30°C, réputée bénéfique pour la peau.
PELOPONNESE
Le Péloponnèse n’est pas la région la plus riche en sources thermales, mais il abrite quelques sites notables, souvent nichés dans des environnements naturels préservés.
Sur la côte ouest du Péloponnèse au bord de la mer Ionienne (~24km du site d’Olympie), se trouvent les Thermes de Kaïafas Au cœur d’une forêt de pins, entre lac et mer et en été on se baigne dans le lac où l’eau thermale se mêle à l’eau douce. Kaïafas était connue dès l’antiquité – selon la mythologie, les Centaures s’y baignaient pour guérir leurs blessures – et l’eau de Kaïafas est utilisée pour traiter les rhumatismes, l’arthrite et certaines affections dermatologiques. Le cadre naturel paisible et les installations de spa bien équipées offrent des soins qui favorisent la relaxation, la santé de la peau et le bien-être général.
Plus au nord, non loin du port de Kyllini (d’où partent les ferries pour Zante), se cachent les Thermes de Kyllini . L’eau thermale de Kyllini, déjà exploitée à l’époque romaine, est sulfureuse et sort de terre à environ 25-30°C. On lui reconnaît des propriétés apaisantes pour la peau (eczéma, dermatites) et les articulations douloureuses. Sur place subsistent les vestiges d’anciens bains et même d’un petit sanctuaire d’Asclépios, témoignant de l’usage ancien de ces sources. L’endroit est peu fréquenté et à vrai dire un peu sauvage et à l’abandon mais quelques bassins rustiques permettent de s’immerger dans l’argile thermale tiède (et très odorante).
À l’extrême nord-est du Péloponnèse, presque en face d’Athènes (à ~50km d’Epidaure) la péninsule de Methana est un autre lieu volcanique avec plusieurs sources chaudes. Les Thermes de Methana, connus depuis l’Antiquité, ont vu leur premier établissement de bains construit en 1912. Ces bain au charme rétro, autrefois très populaire sont fermés mais on peut se baigner dans une anse de mer toute proche où l’eau chaude se déverse. L’eau de Methana, à environ 38-40°C, est fortement sulfureuse (son odeur d’œuf pourri surprend d’abord le visiteur) et de couleur turquoise laiteuse. Elle est réputée pour soulager les douleurs articulaires, les problèmes de peau et les troubles gynécologiques.
MACEDOINE
De la Macédoine centrale (région de Thessalonique) à la Macédoine occidentale, on trouve de nombreuses stations thermales réputées, souvent en pleine nature.
Les Bains de Pozar situées au pied du Mont Voras, dans la préfecture de Pella à ~20km de la frontière avec la Macédoine du Nord, les sources de Pozar sont parmi les sites thermaux les plus populaires et les plus photographiés de Grèce. Les sources à 37°C forment une rivière chaude Thermopotamos avec de petites cascades et des bassins naturels en plein air dans un décor enchanteur. Le site connu depuis l’antiquité est bien aménagé avec un accès libre aux cascades chaudes, des bains individuels en cabines, un hammam naturel dans une grotte, L’eau de Pozar, légèrement sulfureuse et riche en minéraux, est réputée pour relaxer les muscles et soulager arthrites, douleurs dorsales et affections dermatologiques. En hiver, on se baigner dans les eaux fumantes de Pozar entouré de neige.
Dans la région de Sérres, deux villages thermaux offrent une ambiance différente, héritée de l’époque byzantine puis ottomane. Agistro ,pittoresque village près de la frontière bulgare, abrite un hammam byzantin authentique datant du Xe siècle apr. J.-C. –C’est le bain public le plus ancien de Grèce encore en service. Le hammam est hébergé dans un hôtel qui abrite les bassins mais on peut aller jusqu’aux sources à l’extérieur du village.
À quelques kilomètres, Loutro Sidirokastro est une autre station dans un cadre vintage avec bains en marbre et hammams, alimentée par une source jaillissant à 45°C.
Plus proche de Thessalonique, les installations municipales Lagkadas accueillent tout au long de l’année une clientèle locale venant soigner arthroses, eczémas et troubles circulatoires avec des eaux à ~40°C, de type sulfato-chloruré sodique, utilisée depuis la période byzantine. Non loin, sur les rives du lac Volvi, à Nea Apollonia on trouve des sources thermales à 40-45°C utilisées pour traiter rhumatismes, névrites et problèmes dermatologiques.
ILES GRECQUES
Ikaria compte une dizaine de sources chaudes essentiellement sur sa côte est. Les plus connues jaillissent dans le village de Therma , près de la capitale Agios Kirykos. Ces eaux hyperthermales (50 à 58°C) sont classées parmi les plus radioactives au monde en raison de leur teneur en radon et qui sont réputées pour traiter rhumatismes, arthrites, troubles endocriniens et maladies de peau. Les installations municipales sont simples mais tres authentiques. Certaines sources jaillissent directement dans la mer via des failles rocheuses – on peut ainsi se baigner dans des criques d’eau chaude naturelle mélangée à l’eau salée, par exemple sur la plage de Lefkada ou d’Agios Kyrikos.
Plus au nord, l’île de Lesbos (Mytilène) est un véritable paradis géothermal. Elle compte de nombreuses sources, dont certaines exploitées depuis l’époque ottomane. Les plus célèbres Eftalou charmant petit bain voûté en bord de plage tout au nord, les sources Hippocrates à Polichnitos avec des pics à 92,5°C, elle passe pour être l’une des sources les plus chaudes du monde et Géra abritée au fons d’un golfe tranquille, fournissent une eau salso-bromo-iodique à 39°C, excellente pour la peau.
Dans les Cyclades, certaines îles volcaniques offrent aussi des expériences uniques. Santorin, île volcan par excellence, possède au cœur de sa caldeira les sources chaudes de Palea Kameni . En accostant sur ce petit îlot inhabité, on peut nager dans une crique où l’eau de mer teintée d’ocre [vue 360°] atteint 30-35°C près des fumerolles sous-marines.
Kythnos, est elle aussi renommée pour ses sources de Loutra . L’établissement thermal d’origine a été achevé en 1857 ce qui en fait l’un des plus anciens de Grèce. L’eau de Kythnos, sulfatée et légèrement radioactive, est bénéfique pour les douleurs articulaires et les affections gynécologiques.
Dans le Dodécanèse, Kos mérite mention pour sa source de Therma. Sur une plage isolée de la côte sud-est de l’île, une source à près de 50°C se déverse dans un bassin naturel au bord de la mer. On vient s’y baigner à toute heure (accès libre) pour profiter de l’eau sulfurée riche en potassium, calcium et magnésium, conseillée pour les douleurs arthritiques et les allergies de peau.
Enfin, il faut citer Samothrace, île du nord de la mer Égée, dont les sources chaudes de Therma étaient déjà vénérées dans l’Antiquité. On s’y baigne dans de simples piscines au coeur d’une forêt étonnamment luxuriante pour la Grèce. L’eau sort à ~40°C et soulage fatigue et problèmes de peau.
EN GRECE CENTRALE : berceau historique du thermalisme
La Grèce centrale englobe la région continentale au nord d’Athènes, la Phthiotide, l’Eubée, la Béotie et la Thessalie méridionale est particulièrement riche en sources thermales célèbres. C’est dans cette partie du pays que l’on trouve Édipsos, Kamena Vourla, Ypati ou encore les légendaires Thermopyles. Ces sites, pour la plupart exploités depuis l’Antiquité, forment le cœur historique du thermalisme grec.
Edipsos (Evia): Source d’Edipsos (nord de l’Eubée) : une station thermale millénaire sur l’île d’Eubée
Les sources thermales d’Edipsos, comptent parmi les sources chaudes les plus connues de Grèce. Près de 80 sources différentes, disséminées dans toute la région, sont déjà utilisées depuis 20 000 ans. Certaines sont si proches de la mer qu’elles se mélangent à l’eau salée. Compte tenu de ce nombre impressionnant de sources, il n’est pas surprenant de trouver ici de nombreux points de chute pour des séjours spa plus ou moins longs. À certains endroits, l’eau atteint même des températures avoisinant les 85 °C. Elle est particulièrement appréciée pour ses vertus anti-inflammatoires.
Kamena Vourla possède des sources thermales riches en minéraux censées soutenir la circulation et la santé de la peau. Cette petite ville balnéaire fut développée dans les années 1930 précisément en raison de ses sources chaudes (30 à 42°C) à haute teneur en radon indiquées pour traiter des rhumatismes chroniques, l’arthrite, ainsi que certains problèmes gynécologiques et dermatologiques.
Kamena Vourla est une petite ville très agréable entre littoral (plages) et montagnes verdoyantes, qui en font une destination de bien-être relaxante à seulement deux heures d’Athènes.
À quelques kilomètres de là les Thermopyles, ce célèbre défilé où Léonidas affronta les Perses doit son nom aux sources sulfureuses bouillantes qui jaillissent à cet endroit depuis l’Antiquité. De fait, en bord de route se trouve une cascade d’eau bleutée à ~40°C où l’on peut se baigner librement en plein air, dans le ruisseau thermal formé par les eaux. Les eaux des Thermopyles seraient bénéfiques pour les rhumatismes et affections de la peau.
Plus au nord, dans le sud de la Thessalie, les Thermes de Smokovo offrent un grand bassin thermal moderne alimenté par quatre sources sulfureuses ~40°C, réputées efficaces pour les affections respiratoires et rhumatismales. Perdu au milieu d’une forêt de sapins, proche du lac éponyme, Smokovo est une destination rêvée pour échapper à l’agitation. Un peu plus au sud toujours en Phthiotide, citons également les sources de Platystomo.