« Je rédige mon testament dans le but que ma modeste fortune serve, après ma mort, à poursuivre l’œuvre que je considère comme l’une des plus nécessaires à la culture de notre nation et au progrès spirituel de notre peuple. […] Je souhaite que les enfants grecs bénéficient d’une manière ou d’une autre de ma fortune, car ils souffrent et sont victimes du désordre linguistique qui règne dans l’éducation et dans notre vie. »
C’est par ces mots que M. Triantafyllidis justifie, dans le testament qu’il a rédigé en mai 1956, sa décision de léguer sa fortune à l’Université de Thessalonique afin de créer la fondation qui porte son nom. Il définit lui-même comme objectif de l’Institut « la culture scientifique et la promotion de la langue et de la littérature néo-grecque, ainsi que la promotion de l’éducation du peuple grec par tous les moyens appropriés, et en particulier par la publication de livres […]». Les grands professeurs d’université N. P. Andriotis, I. Th. Kakridis, St. Kapsomenos, Emm. Kriaras, L. Politis, A. Tsopanakis et Ch. Fragistas, qui, conformément à la volonté du donateur, ont constitué le premier conseil d’administration de la Fondation. Le rôle de l’avocat Chr. Christidis, ami personnel de M. Triantafyllidis et exécuteur testamentaire, s’est également avéré important pour l’avenir de l’Institut.
Ont également été membres du Conseil d’administration M. Andronikos, I. Deligiannis, D. Iakovou, D. Lypourlis, I. Manoledakis, D. N. Maronitis, St. Matthaios, P. Moullas, N. Papantoniou, G. M. Parasoglou, G. Savvidis, M. Setatos, G. Sifakis, K. Tsantsanoglou et A.-F. Christidis.
Au cours de la première décennie suivant la création de l’Institut, la publication de l’œuvre complète de M. Triantafyllidis est achevée. Conformément à la volonté du testateur, il s’agissait du premier projet que devait entreprendre la Fondation. Par la suite, l’Institut entreprend la publication d’ouvrages importants pour la langue grecque, tels que le Dictionnaire étymologique du grec moderne de N. P. Andrioti, les Histoires de la langue grecque de N. P. Andriotis et St. Kapsomenos et la Nouvelle langue grecque de A. Mirambel. La traduction de manuels de linguistique commence, comme les Éléments de linguistique générale de A. Martinet, tandis que la série pour l’enseignement du grec comme deuxième langue étrangère est inaugurée avec Le nouveau grec pour les étrangers.
Parallèlement, dans les premières années de la transition démocratique (après 1974) , la Fondation contribue par son travail, à l’établissement de la langue démotique et à la mise en œuvre des principes de la réforme linguistique de 1976 (préparation de la première grammaire scolaire de la langue démotique, traduction de documents administratifs, etc.). Il entreprend également la rédaction d’un dictionnaire du grec moderne, qui sera finalement publié vingt ans plus tard. Mais dès 1986, un échantillon contenant les lettres Ζ, Η, Θ, Ι est publié, dont l’influence est évidente dans la lexicographie néo-grecque.
L’achèvement et la publication du Lexique de la langue grecque moderne en 1998 marquent le début d’une nouvelle ère, car, libéré de ses contraintes, l’Institut planifie et met en œuvre un projet éditorial plus vaste. Une série de manuels universitaires est créée, la série de livres sur la linguistique se poursuit, d’importantes publications littéraires s’ajoutent, et les activités dans le domaine de l’enseignement du grec comme deuxième langue ou langue étrangère s’élargissent. La Petite grammaire néo-grecque est traduite et publiée en 14 langues. La Fondation participe également à la publication de l’Histoire de la langue grecque : des origines à la fin de l’Antiquité (sous la direction de A.-F. Christidis), en collaboration avec le Centre de la langue grecque. La série « Archéologie et langues anciennes dans l’enseignement secondaire » rapproche à nouveau la Fondation des élèves et des enseignants du collège et du lycée. Enfin, les premiers ouvrages d’une série intitulée « Textes anciens de la littérature néo-grecque » (sous la direction de A. van Gemert et G. Kehayoglou) ont été publiés.
Ces dernières années, à l’occasion de la préparation des volumes de Chr. Tzitzilis (éd.) Neohellenic Dialects et A. Bartonek et Chr. Tzitzilis (éd.) Anciens dialectes grecs, les bases de la recherche dans le domaine de la dialectologie néo-grecque et archaïque ont été jetées, faisant de la Fondation le centre d’étude des dialectes le plus important du nord de la Grèce. L’Institut a également publié la traduction du volumineux Dictionnaire étymologique de la langue grecque antique de P. Chantraine (éd. D. Christidis & G. Papanastasiou).
L’Institut d’études néo-helléniques est dirigé par un conseil de sept membres, composé actuellement des professeurs de la Faculté de philosophie Chr. Tzitzilis, G. Kehagioglou, Th.-S. Pavlidou, V. Kalfas et A. Revythiadou, ainsi que le professeur de la Faculté de droit N. Paraskevopoulos. Son président actuel est Chr. Tzitzilis et son directeur est G. Papanastasiou.
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