Telles des guitares désaccordées : lecture musicale, 17 février 2024

Poèmes de Maria Polydouri et Kostas Karyotakis, deux étoiles filantes de la littérature grecque…

avec la chanteuse Dimitra Kontou et le guitariste Yiannis Tziallas.

Participation de de Michèle Justrabo

Samedi 17 février 2024   à 16h30

Auditorium Vira-Souleu, Maison des Associations,  12 ter Place Garibaldi, 06000

KOSTAS KARYOTAKIS, poète grec de la « génération de 1920 », se distingue des autres poètes de sa génération, bien que dans son œuvre apparaisse la nature mélancolique et pessimiste qui caractérise cette génération ; mais en même temps, domine une voix claire, consciente, originale et remarquablement audacieuse pour son époque. On a parfois l’impression que la poésie de Karyotakis se situe à un niveau supérieur et on peut clairement distinguer chez lui les origines et la profondeur de la tragédie de sa génération.

Karyotakis est presque le seul poète grec de cette génération qui ait, par moment, une conscience précise du tourment qui le touche ainsi que ses contemporains ; cette sensation naît des questions qu’ils se posent sur leur rôle dans la société comme poètes, sur les chances de la Grèce comme nation hellénique en ces années si troublées (1897–1930), sur leur nature tourmentée d’humains qui essaient de survivre dans une époque si dure marquée par plusieurs stigmatisations sociales, et sur la limitation de leurs libres choix, choix qui pourraient les conduire à une liberté personnelle plus claire et plus précise.

MARIA POLYDOURI, poétesse grecque, esprit libre, anticonformiste jusqu’à la fin, a écrit ses meilleurs poèmes à l’hôpital avant de mourir très jeune à l’âge de 28 ans. La fin prématurée de Polydouri, ainsi que sa relation amoureuse désespérée avec le poète Kostas Karyotakis en ont fait une légende de la littérature grecque.

Maria Polydouri appartient à la génération des poètes grecs néo-romantiques de l’entre-deux-guerres. Dans ses premiers poèmes (avant son voyage à Paris en 1926), on trouve de fortes influences du symbolisme, tandis qu’après sa maladie et son retour à Athènes, l’élément mélodramatique est en recul et sa poésie devient plus élaborée. Pourtant, son écriture reste toujours chargée d’émotions, tout en tournant autour des axes de l’amour et de la mort. Elle écrit des poèmes comme elle écrirait un journal intime ; autrement dit, sa langue poétique possède toutes les idéalisations et les exagérations romantiques de sa nature. Elle aimait, selon son expression, regarder «avec l’âme dans le regard»,.