L’indépendance de la Grèce fut une affaire européenne.

Le fait est bien connu : le vif intérêt des Lumières pour l’Antiquité avait mis la Grèce à l’honneur depuis le xviiie siècle. En quête des racines de la civilisation européenne, les voyageurs s’étaient succédé dans l’Empire ottoman, à la recherche de ses vestiges, médailles ou colonnes, et même de ses habitants, en se plaisant à voir leurs descendants dans les sujets chrétiens du sultan, avilis par des siècles de captivité ou d’esclavage .

 

La régénération de la Grèce était devenue un thème récurrent depuis la Révolution française et l’Empire, suffisamment partagé par les élites de tous milieux pour survivre à ces régimes ; le soulèvement hellène de 1821 fut de ce fait salué avec enthousiasme autant par les représentants du courant libéral que par des milieux beaucoup plus conservateurs.

On connaît bien aussi l’émotion internationale suscitée par la répression ottomane, au lendemain des massacres de Chio en 1822, par le siège et la chute de Missolonghi en 1826 et les ravages du Péloponnèse par les troupes égyptiennes d’Ibrahim Pacha venues en renfort. La vague de sympathie philhellène, portée par tous les media de l’époque, presse, théâtre, concerts, littérature, peinture, affiches, mobilier, assiettes peintes, tapisseries, vêtements, pénétra tous les foyers écentes ont mis en lumière le caractère transnational de cette grande émotion européenne à l’origine des départs de volontaires prêts, à l’instar de Byron, à combattre et à mourir en Hellènes pour défendre la cause sacrée de la civilisation contre la barbarie