Pièce de théâtre basée sur le chef-d’œuvre du réalisateur danois Lars von Trier.  Une représentation réalisée avec le soutien du Secrétariat général de la diplomatie publique et des Hellènes à l’étranger du ministère des Affaires étrangères de Grèce, ainsi que du ministère de la Culture de l’État de Rhénanie du Nord-Westphalie, d’Allemagne et de la ville de Cologne,

Deux projections uniques les 18 et 19 décembre. 20h30 GNOProgramme

Europa, basé sur le film du même titre de Lars von Trier, le chef-d’œuvre du réalisateur excentrique danois Lars von Trier, Europa (1991) prend vie à travers les yeux de Kostas Papakostopoulos, éminent metteur en scène, fondateur et directeur artistique du Deutsch Griechisches Theater de Cologne, qui célèbre cette année son 30e anniversaire.

La musique de Herbert Mitschke et les vidéos en noir et blanc de John Seidler créent une atmosphère kafkaïenne évocatrice dans ce voyage cauchemardesque dans l’histoire de l’Europe. À une époque de différends, de controverses et de doutes de plus en plus importants sur l’avenir de l’Union européenne, le réalisateur emprunte les motifs de Lars von Trier pour démontrer à travers le passé violent de l’Europe les dangers qui se cachent.

  Europa est un film danois réalisé par Lars von Trier, sorti en 1991. Il s’agit du troisième volet de sa Trilogie de l’Europe après Element of Crime et Epidemic. Il a été coproduit par des sociétés originaires de six pays différents : Danemark, Allemagne, France, Suède, Suisse et Espagne.


LARS VON TRIER

Lars Trier, dit Lars von Trier , est un réalisateur, scénariste et producteur danois, né le à Copenhague.

Fortement influencé par le cinéaste russe Andrei Tarkovski, Lars von Trier est reconnu pour son style sombre et pessimiste. Marqué au fil de sa vie par plusieurs épisodes dépressifs et alcooliques, il présente dans son œuvre des personnages perdus, en deuil, dépressifs, nymphomanes, violents, ou misanthropes. Son style alterne souvent entre des grands élans esthétiques (ralentis, grands plans majestueux) et un naturalisme très cru. Il est l’un des cofondateurs du mouvement Dogme95.

Lars Trier naît au sein d’une famille de fonctionnaires communistes de Copenhague.  Il fait sa première apparition à l’écran comme acteur, en 1968, dans la série télévisée L’Été mystérieux. Lars Trier ajoute la particule « von » (« de » en allemand) à son patronyme, sur l’exemple d’Erich von Stroheim, lors de ses études de cinéma à l’École nationale de cinéma du Danemark

Il est remarqué, en 1982, grâce à ses films d’école, lors du Festival des films d’étudiants de Munich.

Sa carrière débute avec Element of Crime, tourné en anglais, qui lui vaut d’être immédiatement reconnu comme un cinéaste majeur Dès lors, il occupe une place à part entière dans le cinéma européen.

Lars von Trier est notamment célèbre pour être l’un des fondateurs du Dogme95, mouvement d’avant-garde qui définit d’après dix règles précises une autre manière de filmer, en réaction aux productions majoritaires de l’industrie cinématographique. Les films « dogmatiques » selon ce mouvement répondent à un style de réalisation épuré, simplifié et voulu plus authentique : pas ou peu de montage, prise de son en direct, scènes filmées caméra à l’épaule, improvisation, etc. À l’instar de son compatriote Thomas Vinterberg, réalisateur de Festen, il s’écarte plus tard de ces principes. Son film Les Idiots (1998) en est le plus représentatif.

Soucieux d’inventer un cinéma singulier, capable de réfléchir son pouvoir de figuration et de fournir de nouvelles propositions esthétiques, il crée un univers complexe, sombre et volontiers provocant, dont les préoccupations métaphysiques et la vision allégorique sont influencées par les maîtres de l’école scandinave, Carl Theodor Dreyer et Ingmar Bergman et par le réalisateur soviétique Andreï Tarkovski à qui son film Antichrist est dédié. L’individu, l’intimité, la peur et la menace d’accidents dramatiques constituent la matière première de son inspiration.

Ses réalisations, qui explorent les arcanes de la psyché, alternent pathos, ironie et humour noir et dévoilent un sens aigu de la citation, multipliant les hommages aux œuvres majeures du 7e art4. Elles synthétisent une multitude de formes puisées tant dans l’histoire du cinéma que du théâtre, de l’opéra, de la littérature et de la peinture. Sa démarche se caractérise, en conséquence, par un travail plastique novateur sur la bande sonore et les prises de vue.
Lars von Trier cherche par ailleurs fréquemment à réinterpréter, voire à réinventer des genres très codifiés tels que la comédie musicale (Dancer in the Dark), le film noir (Element of Crime) ou le film d’épouvante (L’Hôpital et ses fantômes) en leur imprimant un style très personnel qui donne une grande place à la caméra portée.

En 1984, son premier long métrage Element of Crime remporte le grand prix de la Commission supérieure technique à Cannes. En 1991, il reçoit à nouveau le grand prix technique lors du 44e Festival de Cannes pour Europa, tableau fantasmagorique de l’Allemagne d’après la Seconde Guerre mondiale, alternant la couleur et le noir et blanc. Il se voit également décerner le prix du Jury, ex-æquo avec Hors la vie de Maroun Bagdadi. En 1996, il remporte le grand prix à Cannes et le César du meilleur film étranger pour son film Breaking the Waves, œuvre d’un mysticisme douloureux et présentant une vision très réaliste du sacrifice amoureux et aussi des dangers de la pression sociale exercée par le presbytérianisme de John Knox, prédominant dans l’ouest de l’Écosse.

En 2000, Dancer in the Dark qui superpose les codes du mélodrame et de la comédie musicale, marque une prise de distance avec les règles dogmatiques. Le film gagne la Palme d’or à Cannes et Björk, l’actrice principale, reçoit le prix d’interprétation féminine.

Le cinéaste se lance ensuite dans la réalisation du premier volet d’une trilogie intitulée USA – Land of Opportunity, conçue comme une allégorie de l’écrasement du faible par le fort et comme une virulente critique de la société américaine. Le tournage se déroule en Europe avec une distribution essentiellement anglo-saxonne. Dans cet opus, le réalisateur réinterprète avec ironie de nombreux symboles bibliques et parodie la structure de récits naturalistes. Il utilise notamment des artifices de littérature par la position d’un narrateur extérieur à l’action et par un découpage en chapitres. Il fait également appel à des procédés venus du théâtre expérimental et des théories de Bertolt Brecht (théâtre épique, distanciation…), réduisant au strict minimum les objets de représentation (scène nue et fond noir) et étiquetant des éléments de décor à la craie sur le sol. Dogville, au casting remarqué (Nicole Kidman, Lauren Bacall, James Caan…) est présenté au Festival de Cannes 20038. Manderlay suit la même trace en 2005. Mais l’exploitation de ce dernier film est un échec commercial. Le troisième volet, Wasington reste à l’état de projet.

Il change complètement de registre avec une comédie en danois Le Direktør (2007) qui se présente comme une satire du monde de l’entreprise.

À cette période, Lars von Trier est victime d’une profonde dépression qui lui fait envisager de ne plus réaliser de film. Cette période influence la noirceur de son film suivant : Antichrist, mélange de drame psychologique et de film d’horreur à l’imagerie gothique. Les visions hallucinatoires qu’il y expose s’inspirent de tableaux de Jérôme Bosch et de séquences du classique scandinave La Sorcellerie à travers les âges (Häxan) de Benjamin Christensen. Ce film, très controversé, est tourné en anglais avec Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg, récompensée par le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2009. Il débute et s’achève sur une aria du Rinaldo de Georg Friedrich Haendel.

En 2010, il tourne en Suède un film d’anticipation qui prend pour thème la catastrophe, la fin du monde et la dépression : Melancholia, interprété par Kirsten Dunst — qui obtient le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 2011 — Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland, Charlotte Rampling, Alexander Skarsgård, Stellan Skarsgård et Udo Kier. L’œuvre s’ouvre et se clôt sur l’ouverture de Tristan und Isolde de Richard Wagner.

Lars von Trier réalise, fin 2012, Nymphomaniac, fresque poétique et tragique consacrée à la vie d’une nymphomane, de sa naissance à son cinquantième anniversaire, inspirée de récits du Marquis de Sade et interprétée entre autres par Charlotte Gainsbourg, Stacy Martin et Shia LaBeouf.

En 2018, il présente à Cannes hors compétition, après sept ans d’absence, le film The House that Jack Built, qui reprend des thématiques de Dogville et Manderlay et présente des points communs avec ces derniers : l’histoire, découpée en chapitres, se déroule aux États-Unis dans l’État du Washington (mais le film a été tourné en Suède), et une chanson de David Bowie, Fame, vient rythmer le récit, là où Young American, autre chanson de Bowie du même album, clôturait le générique de Dogville. Le film explore la vie de Jack, un tueur en série des années 70-80 qui considère ses meurtres comme des œuvres d’art, et prend de plus en plus de risques avec la police lancée à ses trousses.

Il est le créateur de la société Zentropa (en 1992) et de sa branche X, Puzzy Power (active entre 1997 et 2000), produisant des films pornographiques destinés aux femmes et homosexuels voulant rompre avec certains clichés de la production actuelle dans ce genre.

Dans les années 1980 et 1990, Lars von Trier a également entrepris un projet atypique intitulé Dimension : filmer régulièrement des acteurs pendant plus de vingt ans à raison de deux à trois minutes chaque année. Ce film à la trame policière dont l’histoire est écrite au fur et à mesure aurait dû être achevé en 2024, mais il a renoncé à ce projet au bout de 6 ans et les 20 minutes tournées ont été incluses à un DVD sorti en 2010.