Un projet financé par la Commission européenne dans le cadre du programme Horizon 2020 et coordonné par FORTH, Fondation pour la recherche et la technologie Hellas – Grèce

Le projet comprend 9 participants de 6 pays européens.

Mingei explorera les possibilités de représenter et de rendre accessible les aspects matériels et immatériels de l’artisanat en tant que patrimoine culturel. Le patrimoine des savoir-faire artisanaux concerne les artefacts, les matériaux, les outils et les dimensions immatérielles, soit le savoir-faire, l’utilisation habile des outils, ainsi que la tradition et l’identité des communautés dans lesquelles cette culture est ou a été pratiquée. Le patrimoine culturel artisanal fait partie de l’histoire et a un impact sur l’économie des zones dans lesquelles il s’épanouit. L’importance et l’urgence de la préservation de ces territoires sont établies, plusieurs d’entre eux étant menacés d’extinction.

Quelle est la signification culturelle du métier ? Quels aspects du métier doivent être préservés ? Comment la connaissance peut-elle être transférée ? Qui sont les artisans ? Quel est l’avenir de l’artisanat ? Mingei tentera de fournir les moyens d’établir des représentations de ce patrimoine spécifique en utilisant les matériaux existants (littérature, objets, outils, témoignages…) ainsi que les technologies de numérisation.   

Le projet vise à enregistrer les gestes des artisans, véritables « trésors humains vivants », à documenter la manipulation de leurs outils et à rassembler les archives illustrant ces savoir‑faire. Les connaissances conservées seront mises à la disposition des publics au moyen d’applications expérimentales basées sur la réalité augmentée, la réalité mixte et Internet. Ces types d’expériences culturelles ont un impact positif pour le tourisme, les territoires et les institutions culturelles et favorisent la sauvegarde des métiers du patrimoine artisanal.

Le consortium réunit des champs d’expertise et des thématiques complémentaires, chacune liée à l’histoire européenne, constituant la richesse et la qualité du projet.

En Grèce
Dans un « mitato », nom local des abris de bergers construits en pierre au XIXe siècle, nous retrouvons Alekos Ntagiadas : à 73 ans, il fabrique encore du fromage – deux variétés au lait de chèvre appelées « mizithra » (μυζηθρα) et « katsohiri » (κατσοχοίρι) – avec la méthode que son oncle lui a apprise quand il était enfant.
« Presque toutes les familles du coin, 85% des gens, étaient bergers ; chaque famille avait ses bêtes et ses abris à moutons et fabriquait ses produits, donc presque tout le monde produisait du lait, » indique Alekos Ntagiadas avant d’ajouter : « Dans ma famille, on avait des chèvres aussi ; j’en ai encore, je perpétue la tradition familiale. »
« Scanner » les objets, les gestes et le contexte
Ce savoir-faire est un sujet d’études pour des informaticiens qui participent à un projet de recherche européen appelé Mingei. Avec leurs appareils dernier cri, ils passent au crible les objets utilisés, mais documentent aussi les aspects immatériels de ces activités comme les mouvements et la dextérité des artisans, ainsi que le contexte géographique, architectural et culturel dans lequel elles trouvent leur origine et prospéraient à une époque.
« Tour d’abord, on utilise des scanners pour étudier les objets tangibles du patrimoine culturel, » précise Xenophon Zabulis, coordinateur du projet et informaticien au sein de la Fondation pour la recherche et la technologie Hellas (FORTH).
« Deuxièmement, on enregistre les mouvements des artisans pour pouvoir reproduire les gestes qu’ils font dans leur pratique et troisièmement, et c’est un point très important -, on recrée d’un point de vue sémantique les contextes culturels, les processus historiques, l’ensemble de valeurs et la mémoire collective dans lesquels ces artisanats sont nés, » explique-t-il ensuite.